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Coupe à décor épigraphique

  • Titre / dénomination : Coupe à décor épigraphique
  • Lieu de production : Raqqada (Kairouan), Tunisie
  • Lieu de découverte : Site de Raqqada
  • Date / période : Fin IXe - Première moitié du Xe siècle
  • Matériaux et techniques : Céramique argileuse ; décor peint sur glaçure opacifiée
  • Dimensions : H : 9 cm ; D. ouverture: 33 cm ; D. pied : 10,5 cm
  • Ville de conservation : Kairouan
  • Lieu de conservation : Musée des Arts islamiques de Raqqada
  • Numéro d'inventaire : 37-2

Cette coupe de grandes dimensions repose sur un pied annulaire bas, de profil oblique. Elle est munie d’une lèvre simple peu éversée.

Le décor a été réalisé dans des coloris vert et brun sur fond blanc. Le fond est occupé par un décor épigraphique où le mot al-mulk (« la puissance ») est répété deux fois sur une même ligne. La graphie kufique aux hampes terminées par des biseaux concaves est largement en usage au Xe siècle. Les autres spécimens de coupe à décor épigraphique attribuables à l'époque aghlabide présentent une écriture plus fine.

Le décor est tracé à l’intérieur de deux cercles concentriques ondés, formés chacun de trois anneaux verts et d’une onde brune médiane. Ces compositions décoratives sont la transcription locale de modèles orientaux, attestés en Mésopotamie, sur des coupes datées des IXe-Xe siècles[1], présentant souvent un décor monochrome sur fond blanc. 

Des décors épigraphiques comportant le même mot al-mulk sont attestés sur des plats andalous d’époque omeyyade[2]. La même formule, témoignant d’un goût commun aux différentes populations de la Méditerranée occidentale, apparait encore cinq siècles plus tard sur la céramique espagnole de Paterna (fin XIVe - début XVe siècle).

L’épigraphie constitue un thème décoratif représentatif et distinctif de l’art islamique. Les termes les plus répandus au Maghreb et en Espagne sont : al-mulk (« la puissance »), al-mālik  (« le puissant ») et al-mulk lillah (« la souveraineté est à Dieu »). Ces invocations répétées souvent plusieurs fois sur la même ligne font  référence au pouvoir de Dieu, seul maître de l’Univers.

Remarquons que la palette verte et blanche était en vogue aux IXe-Xe siècles à Samarcande, en Irak et surtout en Andalousie à  l'époque califale (Xe siècle).

NOTE

[1] Plat en céramique lustrée à décor floral, Iraq, IXe s, musée national du Koweït, inv. LNS 98C.

[2] Plat conservé au musée national de Madrid, inv. 63047. Une autre coupe similaire en provenance de Madinat Al-Zahra est conservée au musée archéologique de Cordoue, inv. MA/MV/1036.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Louhichi, A., De Raqqada à Qallaline (900-1900). L’art de vivre en Tunisie, à travers la céramique, (cat.exp. Nabeul, 2000), Nabeul, 2000, Néapolis Céram, p. 20.

30 ans au service du patrimoine, (cat. exp., Tunis, Le Belvédère, 1986), Tunis, 1986, INAA, p. 253-254, 253, n° IV.46.  

Couleurs de Tunisie, 25 siècles de céramique, (cat.exp. Paris, Institut du monde arabe, 1994), Paris, 1994, IMA, Adam Biro, p. 129.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

M., Las Ollerias de Paterna, t. I, siglos XII Y XIII, Valence, 2001, Ayuntamiento de Paterna, p. 218.

Wilkinson, Ch. K., Nishapur : Pottery of the Early Islamic Period, New York, 1973, Metropolitan Museum of Art.

Les Andalousies, de Damas à Cordoue, (cat. exp. Paris, Institut du monde arabe, 2000), Paris, 2000, IMA, Hazan, p. 126-127, 192.



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