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Dâr al-Bahr (Palais du lac)

Palais des Émirs

  • Nom : Dâr al-Bahr (Palais du lac)
  • Lieu : Algérie, Qal‘a des Banû Hammâd
  • Date/période de construction : 1007 et suivantes ?
  • Matériaux de construction : Pierre, moellon de grès, tuf, mortier de chaux, sable, brique
  • Décor architectural : stuc, marbre, céramique
  • Destinataire/mandataire : Hammâd ?
  • Dimensions : L. 250 m ; l. 159 m ; grand bassin : 64 x 45 m

Placé sur le versant sud du Mont Takerboust, le Palais du lac ou Dâr al-Bahr tient son nom du grand bassin situé dans sa partie sud ; les sources littéraires lui attribuent cependant d’autres noms : Palais des Émirs et Palais du Gouvernement. Il constitue l’un des plus importants complexe de la Qal‘a. Situé au cœur de la ville sur le point le plus élevé, il est ceint d’une muraille en pierre et composé de plusieurs groupes de constructions distincts, séparés par des jardins aménagés en terrasses.

Les fouilles anciennes et l’état lacunaire des vestiges rendent ces structures parfois difficiles à interpréter. Il semble qu’initialement, l’ensemble était une citadelle composée de plusieurs palais.

Dans la partie sud se trouve le complexe du bassin (orienté est-ouest), séparé des autres structures par un grand jardin. Ce complexe abritait peut-être des joutes nautiques, avec son  large bassin, dont la méthode de construction est similaire à celle que l’on retrouve plus tard pour les bassins de l’Alhambra[1]. Il serait bordé à l’ouest par un bassin plus petit attenant à des salles d’apparat, ornées de niches rectangulaires et de colonnes colorées en stuc. Un bassin de marbre gris se trouvait sous un dallage de l’angle nord-ouest de la cour. L’une des salles a conservé une coupole d’angle en stuc travaillée en rosace, peinte en rouge, blanc et or. Au nord, des bains pavés de briques ont conservé leur système de canalisation en céramique et les salles de l’étage leur couverture en berceau ; dans ces dernières ont été découverts des récipients à eau et des tuyaux couverts de glaçure blanche. On retrouve une disposition des salles et des bassins plus ou moins similaire aux bains antiques.

Les parties supérieures du complexe au nord dites « du palais et des citernes » furent identifiées comme le lieu des appartements privés de l’émir, du harem et des logements des serviteurs. Édifié sur un axe nord-sud, il est constitué de nombreuses salles. Dans le bâtiment sud, une pièce de plan carré dotée d’une niche et précédée d’une salle rectangulaire, similaire au palais de Zîri à Achir (Xe siècle) pourrait être la salle du trône. Les murs et les sols du complexe étaient ornés de marbre sculpté, de brique et de stucs peints en rose, bleu, brun et or. En sous-sol, les citernes surmontées de voûtes en berceau permettaient l’alimentation de bassins circulaires. Certains ont vu dans cette partie du complexe la zone la plus ancienne du palais.

Le complexe du Lac à livré un matériel céramique important. Plusieurs carreaux de revêtement à décor de lustre métallique sur une glaçure crème ou turquoise ont été découverts. Malheureusement l’absence de contexte ne permet pas de connaître leur emplacement originel. Plusieurs formes de carreaux y sont représentées : des demi-cercles qui alternaient avec des losanges curvilignes à motif épigraphique et des étoiles à huit pointes alternant avec des croix qui composaient différentes frises, certainement murales.

Le Palais du lac est l’un des exemples les plus complets de complexe sur le site de la Qal‘a. Comme les autres édifices découverts, il présente certains liens avec l’architecture ifrîqiyenne et égyptienne. Ses avant-corps trouvent peut-être leur origine dans le porche de la mosquée de Mahdiya en Ifrîqiya et celui de la mosquée al-Hakîm au Caire (Xe siècle). Cet ensemble annonce certains palais siciliens comme celui de la Cuba ou celui de la Ziza, réalisés dans la seconde moitié du XIIe siècle, ou d’autres plus tardifs comme celui de l’Alhambra, où l’ont peut encore aujourd’hui appréhender l’importance des jardins et de l’eau.

NOTE

[1] Les sondages ont révélés pour le bassin que sous une couche de terre de 50 cm se trouve une couche de liaison de gypse et de chaux qui repose sur une couche de béton de 50 cm.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

 Blanchet, P., « La kalaa des Beni Hammad », in Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique de Constantine, Constantine : L. Arnodet, 1898, p. 97.

 

Beylié, L.M.E. de, La Kalaa des Beni-Hammad : une capitale berbère de l'Afrique du Nord au XIe siècle, Paris : E. Leroux, 1909.

 

Golvin, L., Recherches archéologiques à la Qalà des Baû Hammâd, Paris : G.P Maisonneuve et Larose, 1965, p. 54-66.

 

Marçais, G., « La kalaa des Béni Hammad », in Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique de Constantine, Constantine : L. Arnodet, 1908, p. 161.

 

Saladin, H., « Note sur la kalaa des Béni Hammad », in Bulletin Archéologique, Paris : Imprimerie nationale, 1904, p. 243.

 

Bourouiba, R., La Qal’a des Bani Hammad, Alger : Imprimerie officielle, 1975, p.46-48.

 

La Qal’a des Bani Hammad : rapport de la mission polono-algérienne 1987-1988, vol.1, Varsovie : Éditions de la mission de conservation PKZ, 1990, p.22-23.

 



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