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Qantara - Mobilier et objets de culte
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Qantara Qantara

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Mobilier et objets de culte

A Byzance

Les nombreux inventaires de biens des églises et monastères qui nous sont parvenus sont une source essentielle pour aborder les différentes catégories de meubles et d’objets de culte byzantins dont ils apportent une énumération des détaillée[1]. Dans la plupart des cas, les objets de culte constituent des offrandes faites aux églises en guise de gratitude pour une guérison miraculeuse, la délivrance d’un danger ou pour assurer la commémoration posthume de leur âme. Quand ils ne sont pas utilisés dans l’église, les vases sacrés et autres objets de culte sont conservés dans une sacristie, le skeuophylakeion. Trois grands ensembles se distinguent: les objets de dévotion, les objets liturgiques et les luminaires.

Objets de dévotion

Les églises byzantines abritaient des icônes en quantités, dont une partie seulement était accrochée sur le templon ou iconostase de l’église, qui séparait la nef du sanctuaire. Les icônes des Grandes Fêtes étaient habituellement placées sur l’entablement, alors que celle du saint titulaire de l’église était accrochée dans l’entrecolonnement du templon qui recevait aussi des icônes du Christ et de la Vierge. Les jours de fête, les icônes avec la représentation du saint ou de l’événement célébré du calendrier liturgique pouvaient être placées pour vénération sur un pupitre (proskynètarion) à l’intérieur de l’église. Des icônes au décor bilatéral, dotées d’une hampe, étaient utilisées pour être portées en procession. Aux icônes peintes à l’encaustique sur des planchettes de bois, qui peuvent recevoir un revêtement d’argent, s’ajoutent des icônes confectionnées dans d’autres matériaux comme la mosaïque, le métal, l’ivoire ou la stéatite. La conjonction du culte des images et des reliques, qui a connu une intensification prodigieuse durant la période mésobyzantine, a favorisé la production de reliquaires d’orfèvrerie richement décorés de représentations du Christ, de la Vierge et des saints.[2] Les reliquaires les plus précieux, comme la staurothèque de Limbourg datée du Xe siècle [fig. 1], sont des coffrets d’orfèvrerie agrémentés en leur milieu d’une cavité cruciforme destinée à recevoir une croix en bois incrustée des fragments de la Vraie Croix. La relique principale est habituellement encadrée de compartiments-reliquaires multiples munis de couvercles décorés de représentations figurées et d’inscriptions annonçant la nature des reliques contenues. Les jours de fêtes, comme celle de l’Exaltation de la Vraie Croix, le 14 septembre, les reliques étaient exposées à la vénération des fidèles. Les icônes et les reliquaires, notamment ceux de petite dimension destinés à être portés sur la poitrine, étaient également vénérés dans le domaine privé. Il en est de même pour les différents types de croix façonnées dans divers matériaux allant du simple bois aux métaux vils ou précieux, à l’ivoire, la stéatite ou d’autres pierres dures comme le cristal de roche. Parmi les objets de dévotion à usage privé et ecclésiastique à la fois figurent aussi les encensoirs suspendus par trois chaînes ou ceux, dotés d’un pied, destinés à être posés sur une surface plane. Les coupelles à encens sont habituellement de forme hémisphérique ou cylindrique. Quand la coupelle est dotée d’un couvercle, celui-ci est habituellement pourvu de diverses ouvertures découpées en ajour permettant à la fumée de s’échapper. Des formes plus élaborées comme celle d’un édifice à coupole sont également attestées. Le parfum et la fumée qui s’échappaient des encensoirs avaient la propriété de chasser les mauvais esprits et de conduire les prières des fidèles à Dieu.

Objets liturgiques

Les grandes croix processionnelles d’orfèvrerie dotées d’une hampe font partie du mobilier courant des églises byzantines. Quand elle n’est pas portée en procession, la croix est posée au milieu de la table d’autel, où elle rejoint l’artophorion, boîte où sont déposées les espèces eucharistiques réservées pour des occasions spéciales, et flanquée d’éventails liturgiques ou rhipidia. Lors de la célébration eucharistique, les éventails liturgiques portés par les diacres accompagnent les processions solennelles de la Petite et de la Grande Entrée, qui marquent les deux phases de la liturgie eucharistique. La Petite Entrée qui ouvre la liturgie de la parole, est celle de l’entrée du livre des Évangiles, fréquemment recouvert d’une précieuse reliure d’orfèvrerie, tandis que la Grande Entrée est celle du transfert des oblats de la sacristie où ils sont préparés vers l’autel. La vaisselle eucharistique comprend en premier lieu l’ensemble formé par le calice et la patène. Les composantes principales du calice byzantin sont une coupe hémisphérique, attachée à un pied tronconique pourvu d’un nœud saillant et d’une base circulaire. Néanmoins, le goût marqué pour l’Antiquité a favorisé par ailleurs la production, dans la période qui a suivi l’iconoclasme, de calices à deux anses, que les inventaires de biens désignent comme des cratères, par référence au vin du banquet antique. Les exemplaires les plus précieux, dont certains sont conservés au trésor de Saint-Marc de Venise, étaient taillés dans des pierres dures comme l’agate, la sardoine, la serpentine et le jaspe enrichies de montures d’orfèvrerie. Il en est de même pour les patènes formées d’une assiette plate ou creuse munie d’une bordure qui s’élargit à l’époque médio-byzantine pour recevoir un décor d’orfèvrerie. La patène est dotée d’un astérisque, fait de deux tiges métalliques recourbées, qui sert d’armature métallique bombée destinée à soutenir le voile eucharistique. Les autres accessoires eucharistiques qui accompagnent le calice et la patène sont la cuillère servant à la distribution de la communion, la couloire liturgique, crible en métal pour passer le vin eucharistique afin d’en extraire les impuretés susceptibles de tomber dans le pain, et la lance, petit couteau liturgique destiné à inciser et détacher du pain de l’offrande, prosphora, la partie qui doit être consacrée. Les listes des objets liturgiques en métal incluent enfin l’ensemble formé par l’aiguière et son bassin, le cherniboxeston, utilisé pour les ablutions du prêtre.

Luminaire

Considérée comme symbole de divinité, la lumière joue un rôle primordial dans le culte byzantin. Les luminaires étaient destinés à rehausser la splendeur et honorer le lieu de culte et les personnages saints. Les polycandèla étaient des disques ajourés percés de trous qui recevaient des godets en verre remplis d’huile aussi bien que des piquets pour des cierges. Suspendus à des chaînes, ces lustres formaient de multiples foyers de lumière dans les églises et faisaient briller les mosaïques et les icônes à revêtements ainsi que la vaisselle liturgique. Les sources écrites, notamment les chartes de fondation des monastères (typika), nous apprennent que des cierges ou des lampes à huile (kandelai) étaient placés devant les icônes, au-dessus des reliquaires, ou des tombes placés dans les églises. Des lampes à huile et des cierges étaient également accrochés sur l’entablement de l’iconostase devant lequel se dressaient aussi de gros chandeliers (manoualia), alors que des chandeliers de plus petite dimension étaient portés en procession.

B. P.

 

En Islam

La religion musulmane depuis les origines présente la particularité d’utiliser un mobilier extrêmement réduit dans les lieux de prière ainsi qu’un nombre quasi inexistant d’objets nécessaires à la célébration du culte. L’extrême sobriété de la plupart des salles de prière des mosquées, poussée à l’extrême dans certaines branches de l’islam comme l’ibadisme, remonte au modèle de la mosquée primitive du Prophète à Médine. Le fidèle, pour prier, a simplement besoin d’un tapis de prière qui délimite un espace sacré et peut même s’en passer dans des conditions extrêmes. Ces tapis constituent bien souvent le seul élément du mobilier des oratoires de quartier ou masjid, recouvrant le sol en vue de l’accomplissement de la prosternation ou sujûd, élément central de la prière rituelle musulmane.

Il faut cependant souligner que la distinction entre les simples oratoires pour les prières quotidiennes et les mosquées congrégationnelles où doit être effectuée la prière commune du vendredi repose essentiellement sur un élément mobilier à savoir le minbar au point que l’appellation « mosquée à minbar » a été utilisée pour désigner ces grandes mosquées. Le minbar trouve son origine dans le trône sur lequel s’asseyait le Prophète lorsqu’il rendait justice ou haranguait la communauté pour lui faire connaître ses décisions. Ce siège en bois de tamaris auquel on accédait par deux marches se trouvait dans la mosquée de Médine et fut réutilisé comme trône par ses premiers successeurs qui en firent un attribut de souveraineté. Durant l’époque omeyyade (661-750) cependant, le minbar se diffusa dans les grandes mosquées de l’Empire musulman et cessa peu à peu d’être un objet de souveraineté pour ne plus servir que de chaire pour le prédicateur religieux. En même temps, d’objet mobile, qui pouvait être placé en différents endroits de la mosquée, il devint un élément fixe, adossé au mur de qibla, généralement à droite du mihrâb. Le plus ancien exemplaire conservé remonte au milieu du IXe siècle et se trouve dans la grande mosquée de Kairouan. En quelques siècles, on est ainsi passé d’un siège à deux marches à une chaire constituée généralement d’un escalier à balustrades permettant d’accéder à une plate-forme bien souvent surmontée d’un dais, l’accès à l’escalier se faisant par une porte à deux vantaux. Si les premiers minbar étaient en bois, l’utilisation de nouveaux matériaux comme la brique, la pierre ou le marbre, caractéristiques des mosquées mamlukes et ottomanes, firent peu à peu perdre à cet élément de la mosquée son caractère mobilier pour devenir une des pièces architecturales constitutives de l’édifice. Lors de la prière du vendredi, le prédicateur gravit les premières marches de cette chaire pour haranguer les fidèles et prononcer le sermon ou khutba, mais ne monte jamais jusqu’au sommet de la plate-forme, emplacement laissé vide en souvenir de Muhammad qui l’occupait. L’imitation du Prophète est présente dans la position debout qui est celle du prédicateur, mais aussi dans l’objet qu’il tient alors dans sa main droite, un des rares objets du culte musulman, qui peut être un sabre ou un bâton, selon les écoles juridiques de l’islam, avec lequel il frappe les marches qu’il a gravies.

Certains objets, comme les luminaires, se sont très vite imposés dans les mosquées où fut mis en scène un véritable parcours lumineux devant souligner la sacralité du lieu. Il semble que l’espace situé au-devant du mihrâb, l’endroit le plus sacré de la mosquée, était aussi le mieux éclairé à la fois par la lumière naturelle fournie par les baies de la coupole qui le coiffait, mais surtout par des lampes, chandeliers et lustres qui l’éclairaient. C’est sans doute en Égypte et en Syrie à la fin de l’époque ayyubide (fin XIIe-milieu XIIIe siècle), mais surtout sous les sultans mamluks (1250-1517) que l’art du luminaire connut son apogée. Les lampes en verre émaillé, les chandeliers en bronze et les lustres monumentaux recouverts de décors épigraphiques et parfois du blason des donateurs contribuèrent à renforcer l’atmosphère sacrée du lieu.

Les autres éléments du mobilier de la mosquée sont largement liés aux multiples fonctions, notamment celle de lieu de pouvoir, attachées à l’édifice depuis les origines. Si le minbar devint largement l’attribut des hommes de religion, les souverains ont continué à occuper dans la mosquée une place éminente matérialisée par la maqsûra, espace qui leur était réservé au-devant du mihrâb. Cet élément de mobilier se présentait généralement sous la forme d’une grille de bois ajourée et décorée dont un des plus anciens exemplaires d’époque ziride (XIe siècle) est encore visible dans la grande mosquée de Kairouan.

Le mobilier le plus abondant est cependant lié à la fonction de la mosquée comme lieu de récitation et de transmission du texte sacré ainsi qu’endroit privilégié pour l’enseignement des sciences religieuses. La plupart des édifices contiennent ainsi des bibliothèques abritant les livres sacrés, notamment de précieux exemplaires du Coran, comme le monumental Coran d’Amajur (876) donné en waqf dans la ville de Sur (Liban). Un mobilier spécial lié à cet usage se rencontre également dans la plupart des mosquées soit sous forme statique comme les dikka ou estrades surélevées où se tiennent les récitateurs du Coran ou mobile avec les lutrins de bois, aux pieds droits ou croisés.

La plupart de ce mobilier et de ces objets étaient entretenus ou renouvelés soit par les dons de riches mécènes qui souhaitaient faire reconnaître leur piété par la communauté de leur ville ou de leur quartier, soit par des fondations pieuses ou waqf qui étaient bien souvent constituées au moment de la construction de nouveaux édifices afin d’en assurer le fonctionnement et l’entretien. Certains revenus étaient ainsi affectés au renouvellement des tapis de prière ou encore à la fourniture de l’huile et des mèches pour les luminaires.

Des objets plus singuliers, les reliques, fleurirent à partirent du XIIe siècle dans les lieux de culte et furent même parfois à l’origine de la fondation d’édifices qui devaient leur servir de véritable « reliquaire ». Un certain nombre d’objets ayant appartenu aux prophètes mentionnés dans le Coran, à Muhammad ou à des saints musulmans devinrent ainsi des objets de vénération fortement chargés en baraka. On peut citer à Damas une sandale de Muhammad longtemps conservée dans la madrasa funéraire al-Mujâhidiya ou encore les multiples exemplaires du Coran dit de ‘Uthmân dont les mosquées de Cordoue, de Damas et du Caire prétendaient détenir l’exemplaire original.

Une place singulière doit être accordée à la Ka’ba, pôle religieux de l’islam, qui a vu affluer depuis les origines les dons provenant de tout le monde musulman. Certains étant institutionnels et réguliers comme le voile de soie ou kiswa, qui recouvre l’édifice et est remplacé chaque année, ou encore les clés de bronze ouvragées, offertes par les souverains ayant rang de protecteurs des lieux saints. Toutefois, la majorité des dons étaient occasionnels et exprimaient la piété du donateur. Ils venaient s’accumuler à l’intérieur de la Ka’ba qui en était régulièrement vidé à l’occasion de changements politiques ou à la suite d’une trop grande accumulation.

J. -M. M.

 

En Europe occidentale

Les espaces liturgiques

Dans l’église, les espaces liturgiques sont déterminés par des clôtures : une partie est réservée au clergé, autour de l’autel, une autre aux fidèles. De l’Antiquité tardive jusqu’au XIIe siècle, ces séparations – les chancels - sont constituées de plaques en pierre venant à mi-hauteur d’homme. L’autel et les sièges des clercs sont placés dans la partie orientale, constituant le presbyterium, alors que les fidèles prennent place dans la nef côté ouest (le quadratum populi). Entre les deux, un ou deux ambons, chaires tournée vers l’assistance, étaient destinés aux lectures et aux prêches. En outre, durant le haut Moyen Age, une poutre de gloire (trabes ou tref) marque l’arc d’entrée du chœur et porte un crucifix. Aux XIIe-XIIIe siècles apparaît un nouveau dispositif, le jubé, dont le nom provient de la sollicitation latine par laquelle le lecteur placé au sommet demandait la bénédiction : Jube Domine benedicere. Désormais, l’espace de l’autel – le sanctuaire - et l’espace du chœur où se trouvent les stalles des chanoines ou des moines sont entourés d’un mur de clôture, et le jubé, haut de plusieurs mètres, s’élève face à la nef. Ainsi, on fait les lectures, on prêche, on chante du haut du jubé ; les premières orgues sont aussi souvent placées au-dessus (on ne saurait donc le comparer vraiment à l’iconostase byzantine, véritable porte vers le monde divin qui permet la vénération des icones). Les portes ne sont ouvertes que durant les offices, pour laisser apercevoir l’autel (placé à l’arrière du chœur selon la disposition la plus fréquente), le reste du temps elles sont maintenus fermées, ce qui permet de laisser des objets de valeur dans le chœur, comme des livres liturgiques. Les jubés reçoivent des décors sculptés évoquant généralement la Passion, source de la Rédemption permettant d’accéder au salut évoqué par l’autel. Le concile de Trente (1545-1563) ayant décrété la suppression des jubés pour mieux faire participer les fidèles aux offices, les jubés seront progressivement supprimés, à quelques exceptions près, comme le jubé du XVe siècle de la cathédrale d’Albi ou celui du XVIe siècle de l’église Saint-Etienne-du-Mont à Paris.

Le sanctuaire et l’autel

Dans le sanctuaire, l’autel est une table sur laquelle se déroule le sacrifice eucharistique, c’est-à-dire le renouvellement du dernier repas pris par le Christ avec ses apôtres, la Cène, au cours de laquelle le pain et le vin furent consacrés. Dans l’Antiquité tardive, il a souvent une forme semi-circulaire, habituelle pour les tables, mais plusieurs conciles définissent un type rectangulaire se démarquant des tables d’autel des temples païens. Au Moyen Age, l’autel, surélevé, surmonté d’un baldaquin (ciborium), contient des reliques scellées dans une cavité. Il a été consacré par l’évêque. Il est recouvert de nappes, celle du dessus, utilisée pour l’eucharistie, est le corporal, nom dérivant du corps du Christ : on y pose le calice, coupe contenant le vin et l’eau mélangés (au temps du Christ dans les pays méditerranéens, on ne buvait pas le vin pur), ainsi que la patène, petite assiette sur laquelle est posé l’hostie - le pain consacré, (azyme, c’est-à-dire sans levain, chez les Latins, à la différence des Grecs). Un ciboire contient des hosties pour la communion des fidèles. Ces vases sacrés doivent être fait de matériaux précieux et être consacrés, puisque destinés à accueillir le corps et le sang du Christ. Pour poser les autres objets du culte, une console ou une niche crédence est placée sur la paroi de l’abside, de même qu’un lavabo, creusé, avec deux petits bassins distincts, l’un pour recueillir l’eau de la purification avant l’eucharistie, l’autre pour rincer les vases après la cérémonie (cette dernière eau risquant de contenir des parcelles des saintes espèces, elle doit se perdre dans les fondations).

Un luminaire important, dès l’origine, éclairait l’autel, évoquant symboliquement le rayonnement divin : des lampes, des couronnes de lumière (polycandela) étaient suspendues au-dessus de l’autel, accrochées au baldaquin. Plus tard apparaissent des chandeliers : au XIIIe siècle, le mobilier d’autel comprend une croix et deux chandeliers. Un coussin permet de poser les livres liturgiques sans en abîmer la reliure. Le socle de l’autel peut comporter un parement plus ou moins précieux, l’antependium (celui conservé au Musée de Cluny, du Xe siècle, provenant de la cathédrale de Bâle, est en or et pierreries, tandis que ceux de Catalogne, du XIIe siècle, sont en bois peint).  A l’arrière de l’autel, le retable (retro tabula altaris), la pala italienne apparaît vers la fin du XIe siècle sous forme de tentures, puis de plaques sculptées avant de devenir essentiellement de grands ensembles peints à la fin du Moyen Age. A partir du IVe concile de Latran en 1215, lorsqu’on généralise l’usage de conserver en permanence l’Eucharistie dans l’église, marquant la présence de Dieu, on met au point des réserves eucharistiques suspendues au-dessus de l’autel, par exemple des colombes creuses. A ce même effet, on trouve aussi à la fin du Moyen Age de petites armoires richement décorées, les tabernacles. Avec la multiplication des autels à partir de l’époque carolingienne s’établit une certaine diversité : le maître-autel, au centre de l’abside, est entouré de beaucoup plus d’éléments décoratifs que les petits autels de chapelles annexes.

Le chœur et les stalles

On doit réserver le nom de chœur pour désigner la partie où siègent les chanoines (dans les cathédrales et les collégiales) ou les moines (dans les abbayes). En effet, c’est là que sont placées les stalles, où chaque religieux a sa place réservée pour les offices, place attribuée selon l’ordre d’entrée dans la communauté ; les dignitaires, le doyen, le chantre, ou pour les monastères l’abbé et le prieur, y ont des sièges privilégiés, mis en valeur aux extrémités de l’ensemble. De grands ensembles en bois sculptés remplacent progressivement les bancs de pierre à partir des XIIe-XIIIe siècle. Les sièges à abattant se relèvent lorsque la communauté est debout, mais on peut s’appuyer sur une petite console sculptée sous l’abattant, la miséricorde. De grands dais coiffent chaque place, du moins pour la rangée haute, la plus importante, le personnel auxiliaire étant cantonné dans la rangée basse. Au centre, un lutrin permet de poser de grands manuscrits visibles de loin ; on y dépose aussi la liste des titulaires des stalles. Le trône épiscopal, le cas échéant, occupe des emplacements variés selon les cas. Dans les Pouilles en Italie, il est au fond du sanctuaire, derrière l’autel. Plus fréquemment, il est dressé à l’extrémité des stalles côté nord, entre le chœur et le sanctuaire.

Objets de dévotion

Les objets de dévotion dans l’église sont essentiellement de deux natures : les reliquaires et les statues. Dès l’époque carolingienne, un nouvel essor du culte des reliques se traduit par leur présentation permanente aux fidèles, dans des reliquaires exposés à la vénération. Ces derniers peuvent revêtir de multiples formes, la plus impressionnante étant probablement la statue reliquaire, comme sainte Foy de Conques (Xe siècle, avec des éléments antiques et de nombreux remaniements postérieurs). Des reliquaires « parlants » traduisent par leur forme la partie du corps conservée, tel le pied de saint André à la cathédrale de Trèves (Xe siècle) ou des reliquaires en forme de tête ou de bras, très courant à la fin du Moyen Age. Il existe aussi des cylindres en verre, parfois portés par deux anges. Le type de reliquaire le plus important est la châsse, évoquant la forme d’une petite église. A la fin du Moyen Age, des armoires aux reliques, à proximité des autels, permettent de regrouper les reliquaires.

La vénération des statues constitue une spécificité de l’Église latine, comparable dans une certaine mesure à celle des icones en Orient. L’Église de l’Antiquité tardive les avait proscrites car elles évoquaient trop les idoles païennes. Durant le haut Moyen Age, les représentations sacrées étaient peintes, faites de mosaïques ou à la rigueur sculptées en bas relief, mais à partir des XIe-XIIe siècles la statuaire connaît un essor continu, depuis les premières Vierges en majesté d’Auvergne jusqu’aux multiples statues de saints qui peuplent les églises à la fin du Moyen Age, en bois peint, en pierre polychrome ou en métal précieux. L’Église tente cependant périodiquement de rappeler que ce n’est pas la statue que l’on prie, mais, à travers elle, le saint représenté, craignant des formes de dévotion qui confinent à la superstition. Autour de certaines statues tenues pour miraculeuses on voit se multiplier les ex-voto, objets personnels, bijoux, tableaux, inscriptions, qui rappellent des traditions venues du fond des âges.

A la fin du Moyen Age, l’usage du chemin de croix qui s’est répandu pour le vendredi saint donne naissance à une série de représentations de la Passion disséminée dans l’église : on se rend processionnellement de l’une à l’autre pour marquer chacune des stations jalonnant le parcours de Jésus de sa condamnation à sa mise au tombeau, après la crucifixion. Son succès s’explique par la spiritualité émotionnelle de cette époque.

Enfin, l’église abrite de nombreux tombeaux dans tout l’édifice. Certaines chapelles funéraires sont exclusivement dédiées à des familles, abritant des monuments rappelant la présence des sépultures. Pour les défunts les plus importantes, des gisants, à partir du XIIe-XIIIe siècles, perpétuent leur souvenir et sollicite la prière des vivants.

Le trésor et la sacristie

Les trésors des églises médiévales sont placés dans de petites salles, souvent à l’étage, au-dessus d’une chapelle, avec des fenêtres à barreaux et une porte munie de plusieurs serrures, dont au moins deux personnes possèdent chacune une clef différente. Ils rassemblent l’ensemble des biens mobiliers de valeur et des archives que l’on veut protéger. Il comprend spécifiquement des ornamenta, destinés au décor de l’édifice ou à la vénération, et des apparata, utilisés lors des cérémonies. On y garde par exemple des reliquaires, des parures d’autels, des vases sacrés, des croix processionnelles, des chandeliers, des encensoirs, de même que des vêtements liturgiques ou des manuscrits de valeur.

L’usage des sacristies, qui se généralise au XIIIe siècle, permet de conserver les objets les moins valeureux pour les cérémonies ordinaires, ainsi que les vêtements liturgiques qui sont y endossés, pour éviter de se changer près de l’autel comme cela semble avoir été souvent le cas auparavant. L’utilisation des vêtements liturgiques dans l’Eglise remonte à l’Antiquité tardive, découlant de ceux des dignitaires et des fonctionnaires impériaux. La chape – ou pluvial - agrafée par un fermail, de même que la chasuble, brodées de soie et d’or pour les plus belles, sont portées par le célébrant, alors que le diacre revêt la dalmatique, vêtement à manches (à l’origine en laine, originaire de Dalmatie). On trouve aussi des aubes, grandes tuniques blanches endossées sous les vêtements précédents, avec l’amict, rectangle de toile blanche frappé d’une croix, porté autour du cou. Ceux qui ne célèbrent pas sont vêtus d’un surplis blanc, ample, retenu par un cordon. L’étole, longue bande brodée comme la chasuble, est réservée à certains offices. Les couleurs des ornements varient en fonction de l’année liturgique et des fêtes. Enfin, certains habits sont liés à une dignité, tels les pontificalia, portés par les évêques (mitre, bâton pastoral ou crosse, bas et sandales liturgiques, gants, peigne). L’étroite bande de laine blanche frappée de croix noires (le pallium) est portée par les archevêques et découle du manteau romain.

Th. S.

 

Bibliographie

L. Bouras, « Byzantine Lighting Devices », Jahrbuch des Österreichischen Byzantinistik 32/3, II (1981), p. 479–491.

M. Parani, Reconstructing the Reality of Images: Byzantine Material Culture and Religious Iconography, Leiden 2003.

Le trésor de Saint-Marc de Venise, catalogue d’exposition, Galeries nationales du Grand Palais, Milan, 1984.

NOTE


[1] Voir Byzantine Monastic Foundation Documents,  Vol.3, éd. J. Thomas et A. Constantinides Hero, Washington, DC, 2000 ; M. Parani, B. Pitarakis, J.-M. Spieser, «Un exemple d’inventaire d’objets liturgiques. Le testament d’Eustathios Boïlas (Avril 1059) », Revue des études byzantines 61, 2003, p. 143-165

[2] Voir Byzance et les reliques du Christ, éd. J. Durand et B. Flusin, Centre de recherche d’histoire et civilisation de Byzance, Monographies 17, Paris, 2004



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