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Noria

  • Nom : Noria
  • Lieu : Alcantarilla, Murcie
  • Date/période de construction : XVe siècle  
  • Matériaux de construction : Fer, acier, bois, brique
  • Dimensions : Diam. : 11 m ; H. : 1,90
  • Restauration :

    La roue que l’on peut voir aujourd’hui est une transformation de la roue originelle, fruit de la dernière grande restauration réalisée en 1956.

La noria d’Alcantarilla est une construction chrétienne du XVe siècle. Cependant, Basilio Pavon écrit qu’« à l’instar des grandes roues hydrauliques de Hama et de Hadita, respectivement sur l’Oronte et l’Euphrate, qui seraient des copies plus ou moins fidèles des norias arabes antiques, nos grandes roues trouvées pendant ce siècle sur le cours des fleuves et canaux de la plaine cultivée viendraient de la na’ura islamique ». La noria d’Alcantarilla est l’un des nombreux exemples de norias fluviales qui devaient exister en al-Andalus ; la plupart de celles-ci ont aujourd’hui disparu, certaines à des époques très récentes. Cependant la noria en question n’est pas mue par le courant de quelque fleuve, mais se trouve sur les eaux du grand canal d’irrigation de Barredas.

La roue actuelle est faite de deux couronnes reliées par des pales creuses rectangulaires où se trouvent 72 godets, trois sur chaque pale. Le godet s’ouvre sur le côté externe. 24 rayons renforcent la couronne. La position des traverses créé de chaque côté un double anneau concentrique polygonal. Les 36 pales paraboliques entre les deux anneaux, contre lesquelles pousse le courant de l’eau, permettent au mécanisme de se mouvoir. Celui-ci tourne autour d’un axe horizontal circulaire en fer d’environ 40 cm de diamètre, vers lequel convergent les rayons. Les extrémités de l’axe s’emboîtent dans des réceptacles circulaires en acier, qui eux-mêmes s’emboîtent dans des flancs constitués de puissants murs de brique massifs dotés d’arc brisés, des sommets desquels partent les rigoles dans lesquelles les godets déversent leur contenu. Le lit de l’aqueduc est situé à 7,10 mètres de la surface de l’eau. Les arches de l’arcade qui conduisent l’eau vers le sud sont en plein-cintre, légèrement surbaissées.

C’est en Orient qu’il faut chercher les origines des roues hydrauliques, leur présence en al-Andalus date du IXe ou Xe siècle. Lorsque le volume d’eau du canal d’irrigation n’était pas assez important, il suffisait de construire un barrage au-dessus pour donner plus de force au courant et mouvoir la roue. Certains auteurs comme al-Muqaddasî, aux alentours de l’an 1000, évoquent la présence de nombreuses norias en Iran, sur le fleuve Ahwaz. En al-Andalus on remarque celles qui devaient exister sur le Tage à Tolède et sur le Guadalquivir à Cordoue, qu’on appelle l’Albolafia (encore aujourd’hui il y a un moulin et un barrage). On observe également en Afrique du nord la tradition des roues fluviales. Ainsi, Ibn al-Khatîb, dans sa Ihata, écrit que « la première roue – dawlab- existant à Fez à son époque fut construite par le musulman espagnol Muhammad  pour le sultan marînide Abû Yûsuf Ya‘qûb al-Mansûr ; son diamètre était considérable et de nombreux godets l’approvisionnaient ».

La région de Murcie se caractérise par la richesse de sa plaine cultivée qui doit beaucoup à l’héritage arabe. Durant le Moyen Âge et même encore aujourd’hui, le paysage de la Péninsule ibérique est parsemé de norias. Selon Pavon Maldonado, l’Espagne musulmane à l’image de l’Espagne médiévale chrétienne présentaient un paysage rural doté de nombreux ouvrages hydrauliques à la fois privés et publiques, alimentant jardins et bains en eau. Al-Jazarî en 1206 dans son Recueil utile de la théorie et de la pratique dans les procédés ingénieux fournit une description ainsi que le procédé de fabrication, alors nouveau, d’une de ces petites norias, dont un exemplaire existe encore à Damas. A l’époque andalouse, nombreux sont les auteurs qui décrivent la région de Murcie avec ses norias : al-Himyarî note que les plaines de Murcie et Lorca possèdent de nombreuses roues ; al-Saqundî vante Murcie pour les nombreux jardins et norias que l’on trouve sur ses fleuves. On connaît également des représentations de noria, comme dans l’ouvrage de Bâyad et Riyâd, rédigé au XIIIe siècle en Andalousie[1].

NOTE

[1] Biblioteca Apostólica Vaticana, inv. Vat. Ar. Ris. 368. cf Fiche

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Pavón Maldonado, B., Tratado d’agricultura hispano-musulmana. I. Agua, Madrid : CSIC, 1990, p. 279-294.

Torres Balbás, L., « Las norias fluviales en España », in Obra dispersa, Crónica Arqueológica de la España musulmana, VI, p. 209-222.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Abderramán, C. ; López, M., El enigma del agua en Al-Andalus, Madrid, 1994.

Caro Baroja, J., « Norias, azudas, aceñas », in Tecnología Popular Española, Madrid, 1983.

Colin, G.S., « La noria marocaine et les machines hydrauliques dans le monde arabe », in Hesperis, XIV (1932), p. 22-60.



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